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Explorer le monde et la nature, s'émerveiller devant la beauté de ce qui nous entoure
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Mon profil photographe
Laure
Femme
France

Un 1er janvier, sur un coup de tête, je me lance le défi de prendre et de publier une photo par jour pendant un an. Mon reflex ne me quitte plus. Jusqu'au bout, ce projet 365 se révèle un formidable stimulus à la créativité qui me pousse à explorer différents genres et techniques. C'est le déclencheur : depuis, ma passion pour la photo n'a fait que se renforcer.

Amoureuse de nature et de voyages, je pratique tout particulièrement la photo de paysage. Les montagnes grenobloises sont parmi mes lieux d'exploration favoris ! J'aime partir traquer une lumière fugitive, m'efforcer de retranscrire une atmosphère particulière, de sublimer un détail...

La photographie me permet de porter un regard plus attentif sur le monde, de m'émerveiller devant la beauté qu'il nous offre : voilà ce qui m'anime et que je souhaite partager !

Ma candidature
Ma série photographique
Photo principale

En participant à cette deuxième édition de Rues du voyage, je souhaite faire découvrir une destination pour laquelle j'ai eu un véritable coup de cœur. J'espère pouvoir y vivre de beaux moments d'échange et de partage au sein de la communauté de photographes-voyageurs !

Mora mora - scènes de vie malgaches

On dit souvent de Madagascar qu'il s'agit du pays du « mora mora » – le pays où tout se déroule lentement, tranquillement. Cela en devient un stéréotype.

Mais le « mora mora » à la malgache est un véritable art de vivre, en même temps qu'un état d'esprit - une invitation à prendre le temps, ou plus exactement à laisser le temps au temps. Tout dans le rythme de la vie oblige le voyageur pressé à ralentir. J'y ai appris à me laisser porter, à lâcher prise.

Cette série de photographies illustre ces moments suspendus, dans lesquels le temps semble s'étirer à l'infini. Regardez : votre montre s'est arrêtée.

Madagascar

On dit souvent de Madagascar qu'il s'agit du pays du « mora mora » – le pays où tout se déroule lentement, tranquillement. J'y ai passé près de trois mois. Le temps d'apprendre à prendre le temps.

Au début j'avais le réflexe de regarder ma montre. Ça m'est passé. Les interactions sociales, les déplacements, tout dans le rythme de la vie oblige le voyageur pressé à ralentir. La conscience du temps se fait plus sensible. On patiente des heures avant le départ du taxi-brousse. On attend que le vent se lève sur une mer d'huile qui paraît immuable. On traverse la forêt tropicale à bord de cette vieille et traînante ligne de chemin de fer. On navigue plusieurs jours à bord d'un chaland de marchandises pour remonter l'unique voie de communication. On finit par oublier que le temps se mesure.

Mais dès lors que l'on accepte de se laisser porter, de lâcher prise, ce temps qui s'étire devient propice aux rencontres, aux échanges. Il se dilate et se remplit. Dans les transports collectifs qui scandent mon voyage, bringuebalée avec d'autres en rangs de sardines sur des routes défoncées interminables, je finis toujours par discuter avec ma voisine, mon voisin. C'est dans ces moments-là que j'ai le sentiment que se forge mon expérience de Madagascar, que j'approche d'une compréhension de cette île-continent et de ses habitants.

Car le « mora mora » à la malgache est un art de vivre en même temps qu'un état d'esprit – une invitation à prendre le temps, ou plus exactement à laisser le temps au temps. Se rassembler dans le froid mordant du matin pour échanger les nouvelles, aller pêcher à pied en groupe lorsque la marée est basse, observer le va-et-vient du déchargement des boutres dans le port au coucher du soleil... Les journées sont rythmées par ces moments que l'on laisse exister, les paroles échangées sans hâte, le lien social patiemment tissé.

La photographie permet de suspendre le temps encore un peu plus. Derrière l'objectif, je tâche de prendre le rythme de la lenteur. J'observe les possibles qu'ouvrent les temporalités mouvantes, et je capture ce que l'instant m'offre : le geste patient du travailleur, l'acceptation naturelle de l'attente des silhouettes immobiles, un brin de nonchalance... Le « mora mora » est souvent réduit à un stéréotype exotique. Moi, il m'interpelle : et s'il fallait ralentir pour vivre pleinement ?