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De la spontanéité d\'un instant pris sur le vif à la rigueur de la composition, j\'aime l\'apport unique de la photographie au réel.
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Mon profil photographe
David
Homme
France

Nouveau venu dans le monde de la photographie, c'est un domaine qui me fascine pourtant depuis longtemps. Et c'est par le biais du voyage que je me suis finalement lancé dans la pratique de cet art. L'Italie et par la suite le Vietnam m'ont permis de me découvrir cette passion, que je souhaite depuis plus présente dans ma vie de tous les jours.

Ma candidature
Ma série photographique
Photo principale

À travers le festival, je souhaite avant tout pouvoir partager des instants magiques qui m'ont fait vibrer, associés au double plaisir du voyage et de la photographie. Le festival étant une célébration de ce rapport fabuleux, quelle meilleure occasion que de pouvoir exposer ses photos tout en contribuant à l’événement ?

Un regard sur le Vietnam

À travers ces quelques photos, je vous propose de vivre quelques instants clés du voyage au Vietnam que j'ai eu la chance de pouvoir accomplir. Du nord au sud du pays, ces images représentent un condensé de cette expérience inoubliable.

Viet Nam

Le texte qui suit est l'assemblage de notes éparses écrites par intermittence lors de mon voyage (et peaufiner par la suite), en différents lieux du Vietnam. Ce n'est pas à proprement parlé un carnet de route, où l'on gratte le papier de manière assidue et systématique, à l'image d'un carnet intime journalier. Il s'agit plutôt de petits textes mémoriels d'instants qui m'ont marqué d'une façon ou d'une autre, et pour lesquels je me sentais d'écrire quelque chose (au lieu de les photographier). Ayant à plusieurs reprises essayé de me forcer à l'écriture, j'ai bien vite remarqué que, dans mon cas, cette méthode s'avère stérile.
Pour accompagner ma série de photographies dédiée au Vietnam, j'ai donc choisi d'utiliser ces anecdotes narratives plutôt qu'un commentaire descriptif pour chaque image. J'espère qu'elles transmettront davantage l'atmosphère et l'état dans lequel je me trouvais, en plus d'offrir un apport plus personnel aux photographies qui vont sont aujourd'hui présentées.

"C'est mon premier voyage longue distance, hors de l'Europe. Et quelle distance ! Plus de 12000km pour atterrir à l'autre bout du continent eurasiatique. Au sortir de l'aéroport de Saigon (Hô Chi Minh Ville), mon esprit a encore du mal à enregistrer le déplacement que mon corps vient d'effectuer. Et d'emblée, la chaleur tropicale m'envahit, une chaleur pesante et humide. Un premier bain de ce climat ne s’oublie pas. L'humidité traverse les pores de la peau jusqu'aux os et, la nuit, celle-ci se rend nettement visible en parant toute source lumineuse d'un halo nébuleux. Plus les lumières sont éloignées, plus elles se confondent, indistinctes, en une brume colorée.
La sensation générale s'accompagne d'une odeur singulière, à la fois poussiéreuse et quasi-métallique, qui emplit les narines. Je me fais alors l'étrange réflexion qu'un type de chaleur comme celui-ci ne peut qu'avoir cette odeur. Celle-ci ne me quittera plus durant tout mon voyage. Une première expérience comme cette arrivée a de quoi stimuler les sens !

Sapa, à l'extrême nord du Vietnam, dans la province de Lao Cai. La région est majoritairement habitée par l'ethnie des Hmongs noirs.
Au petit matin, après avoir été accosté par plusieurs femmes Hmong avec quelques autres voyageurs, ma compagne et moi partons pour un trek d'une quinzaine de kilomètres dans les montagnes. Une fois en hauteur, je peux pleinement admirer le mont Fan Si Pan, plus haut sommet du Vietnam (et de l'Asie du sud-est), ainsi que l'immense enchevêtrement de reliefs qui s’étend devant moi à perte de vue.
Nous traversons des plaines, des sentiers boueux, des ruisseaux, des forêts et des bambouseraies. Plus d'un, moi compris, glisse régulièrement sur la terre ou les roches humides et manque de s'étaler de tout son long. Je remarque qu'à l'instar des autres voyageurs j'ai aux pieds de solides chaussures de marche, tandis que nos guides, chaussés de sandales en plastique, se déplacent avec une aisance incompréhensible sur les pentes raides, les sols boueux et les rochers trempés. Lorsque je demande à Chai, l'une des femmes Hmong, comment elles font pour avoir ce pas si assuré, elle me répond avec une modestie espiègle que le plastique de leurs souliers crée un effet ventouse sur les surfaces.
En revanche, le soleil ne laisse de répit à personne. En sueur, les jambes fatiguées, nous arrivons au village de Hau Thau. Ici, nous nous séparons du groupe : Chai nous propose de passer la nuit chez elle.
À peine arrivé sous la véranda de sa maison de bois, le beau temps est chassé par une mousson féroce. La superbe vue s'assombrit et s'estompe. Je reste à l'abri, fasciné par les rizières en terrasse - omniprésentes dans cette région - dont l'ondulation sauvage causée par le souffle du vent donne à voir un balai hypnotique.
Le soir nous mangeons avec Chai, son mari Lun, son fils Phong et sa fille Shon, ainsi que Yartha et Shauna, deux néerlandaises qui se sont jointes à nous. Après le repas, nous jouons aux cartes et rions beaucoup, le tout arrosé de plusieurs shots d' "Happy Water", l'eau de vie maison.

De la ville de Lao Cai, nous prenons un bus pour Hà Giang. Le bus, initialement composé de 20 places, se voit rempli à ras bord par 30 âmes. Tout nos bagages sont attachées sur le toit du véhicule. Au Vietnam, la plupart des transports en commun se double de la fonction de livraison. Ainsi, des cargaisons de fruits se rajoutent sous nos pieds, réduisant davantage le peu d'espace disponible. Dans cette boîte de conserve, les sardines sont des vietnamiens Lao, des français et des espagnols, et l'huile est la sueur de tous.
En début d'après-midi, je me fais sortir de ma torpeur par un bruit effroyable et l'arrêt soudain du bus. Le pare-brise est complètement fissuré sur sa partie droite. Ils nous faut à tous un petit moment avant de comprendre que le chauffeur vient de percuter un homme en scooter. Plus de peur que de mal : l'homme n'a "rien", si ce n'est un état de choc grandement compréhensible.
Nous sortons tous du véhicule. Au bout d'une bonne heure, après le constat d'un policier et l'arrivée hâtive d'un bus de remplacement, nous repartons.
Trois heures plus tard, un nouvel arrêt. En face de nous se trouve 3 camions enlisés dans la boue. On nous informe qu'il n'y a aucun autre passage possible. Nous attendons à nouveau plus d'une heure, le temps pour la pelleteuse de libérer les camions de leur captivité. Le bus repart enfin à la nuit tombée, sous l'orage et la pluie sur une route cahoteuse. Nous arrivons finalement à Hà Giang à 22h passée, après un trajet éprouvant de plus de 10h. Dans l'auberge, nous nous glissons dans un sommeil bien mérité.

An Bình, province d'An Giang. Nous partons en scooter à 5h du matin pour nous rendre dans un centre de soin aux herbes médicinales. Nous sortons du village d'Hoà Bình en traversant un affluent d'une branche du Delta du Mékong. La route se poursuit sur une bonne trentaine de kilomètres, accompagnée par la montée progressive d'un soleil rouge à l'horizon, face à une lune bleue encore haute dans le ciel qui disparait lentement comme pour céder sa place. L'astre flamboyant projette des lueurs ambrées sur le paysage boisé, le sortant de son sommeil. La scène me remplit d'une joie indicible et me plonge dans un état contemplatif à peine perturbé par les soubresauts de la route chaotique.
Nous arrivons aux alentours de 6h sur un petit chemin bordé d'une rivière. Nous nous arrêtons devant une bâtisse au toit de tôles ondulées. Un nombre imposant de feuillage est disposé à l'entrée en plusieurs ballots. Une allée se dresse devant moi avec de part et d'autre des promontoires sur lesquels sont déjà allongés une demi-douzaine de personnes. Au bout de l'allée se trouve une grande pièce dans laquelle des gens d'un certain âge s'attellent à mettre en place les premiers préparatifs du traitement. Une femme aux cheveux courts toute vêtue de noir et d'un embonpoint assumé se présente à nous comme étant le maître arboriste bouddhiste. Elle nous dit d'aller manger avant de procéder au traitement, ce que nous faisons.
Nous revenons après la collation et nous trouvons tout le monde affairé. Certains coupent des branchages à la machette tandis que d'autres jettent des sots entiers de plantes dans un broyeur vrombissant. Un autre réceptionne le résultat dans d'autres sots, que l'on amène au pied d'un gros chaudron évasé. Une fois ce travail terminé, un homme remue les plantes dans le chaudron à l'aide d'un long bâton. Le maître, d'un geste expert, alimente régulièrement le feu en y versant une sorte de grain blond. Pendant ce temps, nous préparons le terrain en disposant des bâches de plastique sur les promontoires. Sous chaque bâche nous étendons deux ou trois bouts de ficelle.
Une trentaine de personnes se retrouvent assis et le maître vient les inspecter un par un, en tirant et tapant vigoureusement sur les parties du corps endolories. Suite aux diagnostics, les sots de plantes brûlantes sont déversés sur chaque bâche. Mon mal étant les cervicales, les épaules et le bas du dos, je m'allonge de tout mon long sur la mixture, les bras collés au corps. Deux personnes viennent alors m'enrouler dans la bâche, et, à l'aide des ficelles, serrent le tout. Nous voilà alors tous allongé et ficelé, saucissons humains que nous sommes. Une heure plus tard on nous détache, on refait chauffer la mixture, et nous réitérons l'opération."