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J'aime essayer de retranscrire en photo l'émotion que me procure une scène de vie, même la plus anodine.
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Mon profil photographe
Sophia
Femme
France
Chatelard

J'ai 31 ans et suis passionnée par l'Inde où j'ai séjourné de nombreuses fois. C'est un pays qui me stimule et me fascine. Les sens y sont constamment en éveil, la vue en premier lieu !
La photographie me permet de garder trace de quelques unes des situations, personnes ou scènes qui me touchent. Ainsi, trouver le moyen que l'émotion transparaisse à l'image est devenu un leitmotiv pour me perfectionner dans mes prises de vue.
Montrer ces clichés est aussi une manière au retour du voyage de partager avec mes proches des expériences marquantes.

Ma candidature
Ma série photographique
Photo principale

Etant complètement amatrice en matière de photographie, j'ai décidé sur un coup de tête de candidater. Pourquoi ? J'aime l'idée de faire partager aux festivaliers une vision de l'Inde au travers de mes clichés qui, je l'espère, vont justement au-delà des "clichés" que l'on peut avoir sur ce pays. Ou alors est-ce simplement que quand on aime, on a envie que le monde entier le sache ?

Six mois d'émoi

Pendant mes études de médecine j'ai passé un semestre de stage en Inde à Pondichéry. Rester un temps relativement long et être ancrée en un seul endroit m'ont permis pour la première fois d'appréhender en profondeur les personnes et les lieux, au-delà du survol touristique que j'avais pu avoir jusque là. Cette série illustre 6 mois d'émerveillement au travers de scènes de vie quotidienne indienne, au fil de mon "acculturation".

Inde

Novembre à avril à Pondichéry : Six mois d’émoi

Au commencement, il y avait de l’eau.
Novembre, la mousson. Et quand ça pleut, c’est pas du chiqué. Le premier mois, je passe de longues soirées à regarder tomber la pluie. Des rideaux d'eau, qui laissent ensuite le sol luisant. Comme une impression que les trombes lavent tout sur leur passage, y compris l'esprit qui s'apaise au rythme des averses. Les lendemains de déluge, on découvre ses effets. Les cours d'eau sont bien troubles lorsque la pluie a charrié la terre ocre, et redeviendront vert-bleu lorsque le temps sera sec et que la chaleur nous écrasera.
Photo 01 : L’un des premiers soirs, Ambassador et reflets lumineux sur l’asphalte détrempé.
Photo 02 : Un canal près de chez moi après la pluie, et au bout, la mer.

Puis le début du stage.
Pour aller à l’hôpital, je prends tous les matins un rickshaw. C'est un formidable poste d'observation ! La route est bondée, la circulation complètement saturée, les klaxons omniprésents. C'est vivant. Quelle beauté de voir au milieu de ce chaos une femme aux cheveux superbes, au sari chatoyant, tenant dans ses bras son enfant endormi !
Quant au centre de santé, c'est une vieille bâtisse composée d'un grand espace séparé en deux, un coté pour la partie administrative, les infirmières et les travailleurs sociaux, et l'autre côté pour la partie médicale, avec une grande table où consultent 4 à 6 internes en même temps. Ici défilent des personnes plutôt parmi les plus défavorisées, qui viennent pour la proximité et la gratuité des soins. Chacun est vu en moyenne en trois minutes, tout compris. L'examen est fait sans déshabiller le patient (et encore moins la patiente !). Les suivants pressent déjà derrière pour ne pas se faire piquer leur place. Tout ceci est bien loin de mes standards occidentaux, mais j'ai beaucoup de plaisir à observer et je cultive la curiosité plutôt que le jugement.
Photo 03 : Amazone en sari et son enfant à l’arrière d’un 2 roues – scène sur le trajet pour aller en stage
Photo 04 : Rajamohan - un des étudiants en médecine -, et une patiente

Miam, il est l’heure de manger !
J’habite dans une maison cossue où j'occupe un appartement au premier étage. Meublé, deux chambres, un salon, une cuisine, des murs blancs, de l'eau chaude dans la salle de bain, le confort quoi ! Pour le petit déjeuner, c’est à la maison. Le petit « shop » dans ma rue me permet d’acheter le nécessaire. J’y croise les femmes du quartier. Quand moi je demande du pain de mie et des biscuits, elles réclament plutôt des oignons et du curry ! Pour le dîner, je préfère souvent sortir avec des amis et goûter à la « street food ». Il y a notamment une rue où plusieurs vendeurs de parotha s’activent dès la tombée du jour. C’est un plaisir des yeux de les regarder faire avant le plaisir des papilles.
Photo 05 : Les voisines font leur shopping !
Photo 06 : Brumes et odeurs d’egg parotha

Nourriture spirituelle
C’est un lieu commun de dire qu’en Inde, la religion est omniprésente, et qu’il existe de multiples rites autour de l’hindouisme. Mais pas que ! Non loin de chez moi se trouve un couvent chrétien, dont les chants retransmis par haut-parleurs me réveillent le dimanche aux alentours de 6h30. Et un autre quartier de la ville est dit « musulman », avec une grande mosquée qui 5 fois par jour fait aussi marcher les speakers. J'aime cette cohabitation !
Photo 07 : Décor d’une terrasse de café, où vierge à l’enfant côtoie éléphant tagué
Photo 08 : Femme lors d’une fête religieuse hindou dans le village de pécheurs de Kuruchikuppam
Photo 09 : Les lumières de la mosquée au coucher du jour

Allons au marché
Une fois où je suis allée au marché, j’ai entendu de la musique, des tambours. Il s’agissait en fait d’une fanfare accompagnant quelques travestis faisant leur « business » avec les marchands. De manière générale, les travestis sont acceptés, ou plutôt craints par la société. On leur prête le pouvoir de jeter le mauvais œil sur quiconque ne leur donnerait pas l’aumône. Ainsi se fait ce que je qualifie en quelque sorte de racket organisé. « Donne-moi des sous ou je te jette un sort ! ». En tous cas pour moi c’est un vrai régal de voir ces hommes bien apprêtés, en sari, maquillés. Ils sont beaux. Dommage, pas d’appareil photo ce jour là. Mais le marché recèle bien d'autres scènes qui ravissent simplement par la beauté des couleurs et la douceur des odeurs.
Photo 10 : La section des roses, achetées en vrac et utilisées pour toutes cérémonies
Photo 11 : Ambiance bleutée pour la partie fruits et légumes, grâce à de grandes bâches nous protégeant du soleil

A la fin, il y avait toujours de l’eau
Avril, le thermomètre qui grimpe. Et quand il fait chaud, c’est pas du chiqué non plus. Chacun a alors sa manière de se rafraîchir. La baignade en est une des plus agréables. Un hôtel de luxe dispose d’une piscine sur le toit. Un peu trop aseptisé et chic à mon goût. Mais la vue sur la ville est unique, et l’on peut s’amuser à compter les cerfs-volants fendant l’air depuis les terrasses environnantes. La meilleure option reste pour moi la plage. Chaque week-end ou presque, je trouve un copain pour m’y emmener, cheveux au vent à l’arrière de sa moto Royal Enfield. Quel souvenir agréable !
Photo 12 : Piscine à débordement sur fond de mer
Photo 13 : Paradise Beach, la bien nommée

Plusieurs voyages en Inde ont suivi celui-là et d'autres sont prévus. Mais je garde de ces six mois une vraie empreinte, un émoi, qui m'a marquée durablement et a certainement changé la personne que je suis aujourd'hui.